Crée en 1990, ARCABOIS, Bureau d'Études Techniques Structures Bois,  est en constante évolution.

Robert-Jean SIMONNEAURobert-Jean SIMONNEAU, dirigeant de la structure, en explique les raisons et la passion qui l'anime face à une transformation de l'acte de construire qu'il constate au quotidien.

1 – Quel est votre parcours, l’histoire et l’activité de la société ARCABOIS ?
De 1973 à 1990, j’ai travaillé en tant que charpentier dans une entreprise artisanale. L’entreprise a évolué progressivement et s’est industrialisée : mise en place d’une usine de lamellé collé puis d’ossature bois. En 1990, j’ai quitté cette entreprise pour créer le bureau d’étude Arcabois. J’étais seul au début, réalisant des études et du dessin pour des structures bois. Aujourd’hui nous sommes sept à travailler sur des projets de développement durable impliquant une modification de notre travail et la prise en compte de la thermique dans nos études. Nous avons eu la chance de travailler tôt sur des projets THPE puis BBC.
2 – Quels changements observez-vous ces dernières années et comment les anticipez-vous en interne ?
Notre métier a beaucoup évolué avec une transformation de l’acte de construire qui nécessite une formation perpétuelle. Aujourd’hui je qualifierais notre travail de thermique structurelle. Nous avons d’abord fait beaucoup d’auto-formations avec les BE Thermiques avec lesquels nous travaillons puis d’autres formations : sur la RT 2005 il y a quelques années, puis sur l’étanchéité à l’air, sur la migration de vapeur d’eau dans les parois, … Je viens d’ailleurs de terminer une formation d’un an où la thermique était très présente. J’ai fait un mémoire sur l’énergie grise : une étude comparative de logements individuels groupés et semi collectifs avec plusieurs procédés constructifs, pour étudier l’influence des choix de matériaux et la façon d’agir sur l’énergie grise d’une manière économiquement viable.

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3 – Quelles sont les répercussions de toutes ces formations pour vous et votre entreprise ?
Depuis juillet, nous nous sommes équipés d’un logiciel pour réaliser des études thermiques sur les parois. Cela nous permet de travailler avec les bureaux d’études thermiques sur le choix des matériaux. Nous nous sommes équipés d’une porte soufflante pour réaliser des tests, et sommes aussi devenu formateur sur l’étanchéité à l’air en entreprise.
4 – Avez-vous des exemples de réalisations intéressantes à partager ?
La réalisation du nouveau siège de SIPEA a été un tournant où nous avons changé nos modes de travail. C’était la première fois que nous travaillions avec des obligations de résultat bien précis. Avant seule la solidité de la charpente était en jeu. Maintenant l’obligation d’étanchéité à l’air et de performance thermique sont soumis à des tests, des vérifications en cours de chantier avec cameras thermiques. Cela implique un gros travail personnel de remise en question permanente, de veille technologique, de formation constante.
5 – Que vous apporte une structure comme le CLUSTER ECO-HABITAT et plus généralement le réseau avec l’implication des maîtres d’ouvrage ?
Le CLUSTER insuffle une dynamique intéressante, proposant formations et informations. C’est aussi un réseau d’acteurs très impliqués qui nous poussent vers le haut. On ne peut plus rester dans son coin. Le mode de conception a complètement changé : il faut travailler en équipe, de façon très transversale, très en amont des projets et avec le maître d’ouvrage. Il faut aussi que les bureaux d’études accompagnent l’architecte sur les chantiers. Cela pose le problème de rémunération mais les maîtres d’ouvrages doivent le comprendre pour réussir à impliquer et transmettre notre savoir acquis ces dernières années aux entreprises.
6 – Un mot de conclusion ?
Nous avons la chance d’être aujourd’hui dans une région active dans le domaine de l’éco-construction ; précurseur aussi sur le BBC et passif dans la construction bois. Mais la chance doit aussi aller se chercher en sachant se remettre en question. Aujourd’hui, Arcabois ne connait pas la crise mais il ne faut jamais s’arrêter, rester curieux et se former constamment.

 

Propos recueillis le 22 octobre 2010.