SEPVRETSepvret, une commune des Deux Sèvres,
petite par sa taille, grande par son ambition et ses réalisations…

Interview de Patrick CHARPENTIER, Maire de Sepvret.

Pouvez-vous nous présenter votre commune ?

Sepvret est une petite commune rurale du sud Deux-Sèvres traversée par 2 routes départementales, la 108 et la 950 (à 45 mn de Poitiers et 35 mn de Niort). Elle se situe là où la Sèvre niortaise prend ses sources. Cette particularité est certainement à l’origine de sa topographie unique dans les environs : la commune est vallonnée et boisée ce qui lui donne ainsi beaucoup d’attrait.
Il y a 15 ans, il y avait 470 habitants… Aujourd’hui nous sommes 650 ! C’est une des rares communes avec une telle croissance dans la région. S’il n’y a pas une grosse activité économique, nous avons tout de même 8 entrepreneurs agricoles et artisanaux et une douzaine d’exploitations agricoles. Beaucoup de gens sont originaires de Sepvret et les jeunes couples qui viennent s’installer bénéficient d’emplois locaux.
Le tissu associatif est riche, nous avons pu sauvegarder et développer l’école et y ajouter une halte-garderie.

 SEPVRET

Vous avez réalisé un projet de lotissement particulièrement intéressant ? Pouvez-vous nous expliquer votre démarche ?

Après avoir réalisé 3 petits lotissements de façon « classique », nous avons entamé une réflexion plus aboutie pour le dernier.
Nous nous sommes dits : « Comment pouvons-nous, en tant qu’élus locaux, apporter notre pierre à l’édifice de la lutte contre le changement climatique et intégrer une réelle démarche environnementale ? ». Nous avons eu l’opportunité de récupérer 2,5 ha en centre bourg, près de l’école et des bâtiments publics, facilement accessible et nous avons essayé de développer un lotissement « plus intelligent » en approche environnementale de l’urbanisme.
Nous nous sommes fait accompagner par 2 cabinets spécialisés et nous nous sommes également formés pendant un an en allant voir ailleurs – dans le Maine et Loire, en Nord Deux Sèvres, etc. et avons intégrés à notre projet des exemples intéressants : parcelles plus petites, pré-plantée en essence locale, assainissement écologique, fossés ouverts et non enterrés, voies étroites pour gérer l’impact des eaux pluviales, faîtages des maisons orientés plein sud…

Vous avez également travaillé avec la spécificité de votre territoire ?

Oui, nous sommes partie de vues aériennes pour reproduire la sinuosité existante et recréer des îlots de parcelles comme dans le village.
L’idée est de se dire que dans 10 ans on n’ait pas l’impression d’être dans un nouveau quartier.

Avez-vous intégré les habitants à la démarche ?

Oui, outre les 2 réunions publiques en amont pour présenter le projet, il y avait un comité de pilotage avec des commissions ouvertes. Nous avons eu une cinquantaine de réunions sur 2 ans.
Nous avons eu aussi une superbe journée de plantation avec un chantier participatif. 1 480 plants ont ainsi été plantés (espèces locales uniquement) sur toutes les parcelles de cet éco-quartier par une quarantaine d’habitants qui ont aussi ramené leurs propres plants.

Où en est-on aujourd’hui ?

Ces dernières années, la crise immobilière a frappé. A ce jour, nous avons vendu 4 parcelles avec 4 maisons construites et 2 autres sont réservées. Afin de montrer que ce quartier est toujours en mouvement, nous avons décidé de construire 2 maisons bioclimatiques (passives) pour montrer l’exemple. Une sera instrumentalisée pour prouver aux visiteurs, futurs acquéreurs, artisans… Chiffres à la clef, l’intérêt de ce type de construction. Nous parlerons aussi de la notion de confort (qualité de l’air, température, ensoleillement…) qui nous semble également primordiale.

Que vous apporte une structure comme le CLUSTER ECO-HABITAT dans cette démarche ?

Des vraies compétences et des bons conseils. On « baigne » dans un milieu sensible avec des professionnels à l’écoute. Il y a aussi beaucoup de pragmatisme dont nous avons besoin et de bon sens.
Nous profitons de cette dynamique et allons entamer un nouveau projet : la réhabilitation de notre salle des fêtes notamment avec l’aide du Cluster.

Interview réalisée le 02/11/2016