Réhabilitations lourdes et constructions BEPOS…
Découvrez le travail du Service Bâtiments de la ville de Poitiers et de son agglomération…Grand Poitiers

Interview de Monsieur Olivier Descroix, Directeur du service Bâtiments
Ville de Poitiers / Communauté d’Agglomération Grand Poitiers

Comment est organisée votre structure ? A quel public vous adressez-vous ?

Le service Bâtiments, fort de 34 agents, gère le patrimoine des deux collectivités qui ont mutualisé leurs services : la Ville de Poitiers et la communauté d’agglomération Grand Poitiers : plus de 850 équipements, environ 600 000 m² SHON.
Par leurs fonctions, leurs typologies, leur âge, ces bâtiments sont très variés. Une majorité d’entre eux sont des ERP.
Nous nous adressons bien sûr au grand public. Mais le service Bâtiments n’est jamais en direct avec les usagers finaux car le bâtiment n’est pas une finalité en soi. Il y a toujours en interface un service référent (service jeunesse, sports, etc.)

Quels changements observez-vous ces dernières années et comment les anticipez-vous en interne ?

 – Sur la façon de travailler justement –
Il y a une volonté forte de partager les rôles et d’impliquer les services dans la gestion de leurs ressources. Quand on établit un plan pluriannuel d’investissement (PPI), c’est le service référent qui le porte. Nous avons davantage un rôle d’AMO, puis de maître d’œuvre.
Les PPI ont donc été établis avec tous les services porteurs des différentes politiques publiques, en commençant par les services Education et Sports qui représentent respectivement à la Ville et à Grand Poitiers les plus gros patrimoines.
Les besoins des différents bâtiments y sont mis en perspective sur une durée de 6 ans et hiérarchisés selon plusieurs critères : nécessité technique, mise aux normes, amélioration de la fonctionnalité, etc.
Le patrimoine, très conséquent, vieillit et les besoins d’entretien sont immenses, largement au-dessus des moyens que la collectivité peut dégager. L’euro est rare, l’euro public est précieux. Il faut donc prioriser.

– Sur les chantiers, les choses évoluent également –
Pour répondre aux évolutions réglementaires impliquant un changement de pratiques, nous proposons de plus en plus de formation/sensibilisation sur site. En particulier dans le domaine de l’étanchéité à l’air qui nécessite de bien comprendre l’importance des interfaces, et le respect du travail des uns et des autres. Nous l’avons expérimenté sur nos derniers chantiers en neuf, avec les entreprises et les compagnons. Cela apporte de très bons résultats.
Mais nous observons aussi de plus en plus une absence d’encadrement « intermédiaire » dans les entreprises qui nécessite une présence plus forte, soit de la maîtrise d’œuvre, soit de nos conducteurs d’opération. 

– L’évolution concerne également nos ambitions –
Nous avons décidé d’anticiper les réglementations thermiques en étant plus ambitieux, que ce soit dans le neuf ou l’ancien. Nous pouvons par ailleurs bénéficier de CEE et/ou de subventions si l’on va au-delà des exigences réglementaires.
Nous mixons également plusieurs thématiques : on profite par exemple d’une ITE pour isoler mais aussi pour relooker.

Avez-vous des exemples de réalisations intéressantes à partager ?

Sur le mandat précédent, 2 bâtiments neufs exemplaires ont vu le jour :

  • Le Multipôle Enfance-Jeunesse-Association en BBC, dans le quartier de St-Eloi. Il intègre 3 parties (sur environ 3 000 m²) : une crèche, un centre de Loisirs et une maison de quartier.
  • La Maison des Services Publics en BEPOS, également dans le quartier de St-Eloi. Cette réalisation mixe 3 fonctions : une mairie de quartier, une médiathèque de quartier et un « PIMMS » (Point Information Médiation Multi services).

Dans les 2 cas, nous avons bien évidemment intégré les futurs usagers pour la réalisation du programme.
Ces chantiers se sont particulièrement bien passés grâce à une maîtrise d’œuvre qui a bien compris le programme et conçu un projet bien adapté à la fonctionnalité attendue.

En réhabilitation, deux opérations exemplaires : la piscine de la Ganterie d’un côté du boulevard et la Patinoire de l’autre ont bénéficié de réhabilitations lourdes ; qui plus est, elles sont maintenant reliées par un réseau qui transfère la chaleur excédentaire résultant de la production de froid dans la patinoire vers la piscine pour chauffer l’eau des bassins.

Que vous apporte une structure comme le CLUSTER ECO-HABITAT ?

Le réseau : avoir la possibilité de se parler, dans un cadre moins formel que la commande publique, entre personnes qui partagent l’intérêt d’une bonne construction : maîtres d’ouvrages, maîtres d’œuvres, entreprises, fabricants / fournisseurs.

Propos recueillis le 25 novembre 2014.